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Les douces violences

Définition trouvée sur le site Passerelles-eje : « Douces Violences ».

C’est une figure de style qui n’a pas la côte chez les professionnels de la petite enfance. Elle est encore parfois accueillie froidement. Peut-être parce qu’elle montre du doigt des pratiques d’un autre âge pourtant toujours d’actualité. Qu’on l’accepte ou non, elle a mis en lumière une réalité de terrain sur laquelle il est impossible de fermer les yeux.

Christine Schuhl (éducatrice de jeunes enfants de formation initiale) a été la première à écrire sur le sujet (à ma connaissance). Elle, aussi, n’est pas vraiment toujours la bienvenue dans les équipes. Je sens souvent une pointe de méfiance vis à vis d’elle et de ce qu’elle a pu observer pour en arriver à cette inconcevabilité linguistique : la douce violence.

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Petit aparté : j’aime la langue française et le mot oxymore à lui tout seul me transporte. Oui, je suis ce que l’on appelle communément une littéraire. Je suis fascinée par les mots et leur sens. On m’a offert un merveilleux malheur, un autre oxymore que j’ai lu avec beaucoup d’attention, mais c’est un autre sujet.

Si ces douces violences semblent mettre mal à l’aise et sont difficiles à accepter, j’ai l’impression que c’est parce qu’elles remettent en cause un mode de fonctionnement individuel puis collectif souvent lié à des états d’âme, des émotions primaires . J’explique : ces dérapages font partie de notre quotidien, en tant qu’individu et ne sont pas perçus comme des violences. C’est paradoxalement presque inacceptable que l’on y associe la douceur. Pourtant pour les identifier dans le monde de la petite enfance, je trouve que c’est une association très bien trouvée !

Que l’on intègre ou non ce terme dans nos pratiques, on ne peut pas faire l’impasse sur ce que ça implique : réfléchir et revoir nos réactions spontanées et j’irai jusqu’à dire ce que l’on qualifie d' »humour du second degré ». Pour quelles raisons ? Tout simplement parce que l’enfant n’est pas en capacité de comprendre. L’humour des enfants n’est pas vraiment le même que celui des adultes, sans parler des degrés différents qui souvent leur échappent totalement surtout si on ne leur signifie pas que « c’est pour rire » !

Je donne un exemple excessif, intentionnellement : l’histoire de François Berléand (00:32:10) qui a longtemps cru qu’il était le fils de l’homme invisible.

 Malheureusement, il n’y a pas que le registre de l’humour dans les douces violences (blog qui ne fait pas l’unanimité chez les travailleurs sociaux) puisqu’on les assimile à de la maltraitance.

Je pense qu’il y a suffisamment de liens dans ce billet pour faire le tour de la question.

Les douces violences au quotidien par Patricia Zucco

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Si vous souhaitez commenter, c’est toujours possible et ça m’intéresse.

Source de l’image mise en avant : métiers de la petite enfance

Les 10 « commandements » pour les parents de l’enfant…qui « ne mange pas ». (ou seulement ce qu’il veut)

Hippocrate (460-370 av J-C) disait :

« Que la nourriture soit ta médecine, et ta médecine, ta nourriture. »

Je partage un texte écrit par un médecin, véhiculé jusqu’à moi par un autre médecin. Ce n’est pas une recette miracle, loin de là. C’est une liste de conseils. Le mot « commandements » et le ton donné peuvent être pris au second degré ou au sérieux, à votre guise. Qu’est-ce que ça coûte d’essayer ? Un peu de temps pour vérifier si ça fonctionne avec son/ses enfants ou pas.

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« 1 – Votre enfant est NORMAL comme le prouvent l’examen clinique et le bilan effectués.
2 – En aucune circonstance, sous aucun prétexte, vous ne forcerez l’enfant à manger plus qu’il n’en a envie.
3 – Ne félicitez pas votre enfant s’il mange.

Manger n’est pas une vertu, c’est un privilège. ON MANGE POUR SE NOURRIR, et non pas pour faire plaisir à maman et/ou papa, ni même à un quelconque adulte.

4 – Apporter à l’heure du repas EN FAMILLE, le plat.

Chacun est servi. S’il n’aime pas tel ou tel plat, on lui offre une part symbolique ou rien du tout, selon vos idées. Surtout ne remplacez pas le plat refusé par un autre, cuisiné uniquement à son intention.

5 – Le repas dure au maximum une demie-heure.

Il ne sert à RIEN de laisser l’enfant mâchonner et ruminer pendant des heures son petit morceau de viande ou de légume. Même si l’assiette est encore pleine, vous pouvez la retirer après 10mn SANS FAIRE DE COMMENTAIRES et sans prendre une mine désolée ou contrariée.

6 – Pour les petits appétits,

mettre peu de choses dans l’assiette, quitte à resservir après. Une assiette pleine est pénible à voir lorsqu’on a peu faim.

7 – Ne donnez rien à manger à l’enfant entre les repas.
8 – Ne jamais faire d’observation, ni de commentaires devant l’enfant sur son appétit.

NI de punition s’il ne mange pas. NI de récompense s’il mange. Effacez le ‘problème’ d’alimentation, ARRÊTEZ D’EN PARLER !! La journée continue SANS montrer à l’enfant que cela vous chagrine s’il ne mange rien.

9 – Faites la sourde oreille aux conseils farfelus, désordonnés et contradictoires de l’entourage.
10 – Rappelez-vous que nous mangeons beaucoup TROP :

la fréquence de l’obésité, de l’hypertension, de l’artériosclérose en est la conséquence.

De faibles besoins alimentaires associés à un bon développement et une activité normale sont une preuve d’excellente santé. Un tel enfant est comme un bon moteur de voiture qui consomme peu d’essence, tout en entraînant la voiture à grande vitesse. C’est lorsque la consommation d’essence augmente anormalement, que l’on conduit la voiture chez le garagiste. C’est l’enfant qui mange trop que l’on devrait emmener chez le médecin, et non celui qui se contente de peu.

En suivant SCRUPULEUSEMENT CES 10 COMMANDEMENTS, il se passera la chose suivante :

Pendant quelques jours, 2 à 3 entre 1 et 2 ans, 3 à 5 entre 2 et 4 ans, il ne mangera que ce qu’il préfère (dessert et refusera viande et légumes). Parfois, il ne mangera rien du tout ou grignotera un petit morceau de pain.

Inutile de s’affoler. Il faut tenir. L’enfant ne tombera pas malade. Après un certain nombre de jours, si vous suivez bien ces conseils, il mangera selon ses besoins.

Ce n’est pas parce que l’on mange peu que l’on grandit lentement, c’est parce que l’on grandit lentement que l’on mange peu. »

Dr Lyonel ROSSANT

Liens vidéos :

@jout : article récent.

Et aussi : mon enfant ne mange pas.

Même chez les montessoriens : merci qui ?

Vos témoignages d’essais sont attendus avec intérêt !

« L’autonomie, la maîtrise, la maturité des sphincters »

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Enfants sur le pot dans un centre d’auxiliaires maternelles, en 1944. Photo tirée du livre : l’épopée des bébés

Pourquoi je titre ainsi et avec des pincettes (guillemets) ? J’ai encore du mal avec la notion de propreté qui voudrait dire qu’avant d’avoir décidé de faire ailleurs que dans sa couche l’enfant est sale, dans la saleté…mais si j’y réfléchis bien, il a, quand même, les fesses dans des résidus de digestion… Bref, je ne suis pas au clair sur le terme le plus approprié.

Je vous épargnerai la théorie psychologique à ce sujet. Voici un lien pour ceux que ça intéresse : stade anal.

Je ne peux pas faire l’impasse sur l’acquisition de la propreté définie en ces termes par l’encyclopédie Larousse : aptitude d’un enfant à maîtriser ses fonctions de miction et de défécation, de jour comme de nuit. Je n’en écrirai pas plus, inutile de recopier le lien entier. Sur internet, il y a tout un tas de sites qui expliquent comment faire au mieux. (les 11 clefs) et l’article d’une collègue EJE.

Petit aparté sur les termes utilisés : pour de plus en plus de professionnels de la petite enfance, le mot « propreté » dérange. Je comprends, il me gêne aussi. Finalement qu’est-ce que la saleté par opposition ?

-« Ne mets pas tes doigts dans ton nez, c’est sale ! » ah ?

-« Ne joue pas par terre, c’est sale ! » pff encore ?

-« Ne laisse pas le chien te lécher, c’est sale »…etc.

A ce rythme-là, l’enfant ne peut pas explorer et expérimenter grand chose sans inévitablement se salir…alors que faire ? Le maintenir dans un environnement aseptisé ? C’est extrêmement compliqué et surtout impossible. L’enfance est quand même une période de découvertes. Si tout est sale, alors c’est interdit de découvrir ? Dans ce cas, l’espèce humaine est sale par définition puisque la pureté est rare dans le temps, il me semble. Parfois, dans notre métier, « acquisition de la continence » est utilisé ou encore « autonomie spontanée » et pourquoi pas « finies les couches » !?

C’est un sujet qui tourne toujours au vinaigre quand on en parle dans ma famille. J’admets que l’industrie de la Couche s’est saisie de l’acquisition de la propreté de plus en plus « tardive » des enfants pour mettre le paquet au niveau du choix desdites couches. Y’en a pour tous les goûts et tous les budgets. Mais de là à dire que c’est fait exprès pour qu’on les achète, je trouve que c’est abusé (hélas, j’entends souvent ça et et mes oreilles d’EJE disent « aïe »). Et quand j’entends qu’on ferait bien de revenir au pot dès l’âge de 6 mois alors là, je ne réponds plus de rien, autant s’acheter un chiot et le dresser ! La solution serait alors de choisir l’idée qui vient d’outre-Atlantique (toutes les civilisations ont du la pratiquer ainsi par le passé) : l’hygiène naturelle infantile = HNI. Chacun aura son avis sur cette question. Je ne me prononcerai pas. (Article récent : la fin des couches)

Je n’entrerai pas non plus dans le débat de la toxicité des couches jetables et la tonne de déchets non recyclables qui va avec… Un jour, nos enfants risquent de vivre sur une décharge de déchets comme c’est déjà le cas pour des enfants indiens, africains, sud-américains…

le scénario s’éloigne dangereusement du domaine de la science fiction. Je sais, ce n’est pas le sujet mais les digressions font partie de la vie : organisation des paillotes,  lieu d’accueil des plus jeunes enfants sur le site même de la décharge, au Cambodge .

Il suffit d’aller sur internet pour vérifier que tout un chacun a son mot à dire sur la qualité des couches. Pour avoir essayé plusieurs marques sur le postérieur de mon fils, j’ai, en effet, constaté pas mal de réactions épidermiques. En collectivité, j’ai aussi vu des sièges de toutes les couleurs, si je puis dire. Quand le temps de change tourne en scène de torture, c’est à se demander ce qu’il y a dans certaines selles et peut-être dans certaines couches.

Ce que j’ai à dire sur le sujet est très basique. Comme le dit Florence Foresti, c’est l’enfant qui décide. Oui, il s’agit de son corps, je ne vois pas comment un adulte peut savoir à la place d’un enfant s’il est prêt ou pas. Cela n’empêche pas l’adulte de montrer comment on fait et cela à n’importe quel âge, à partir du moment où l’enfant y porte un intérêt bien sûr.

Dans notre jargon éducatif, on s’efforce de ne pas dire qu’un « pipi ou caca dans la culotte » ou ailleurs est un accident. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de dommages vis à vis des personnes, des biens ou de l’environnement… ou si peu, en tous cas rarement irréversibles ! Récemment sur FB, j’ai donné mon avis sur le fait qu’il me semble inutile de féliciter un enfant qui a décidé de faire sur le pot ou les WC. Je pense que c’est naturel. Tout un chacun le fera un jour. Je préfère dire à l’enfant « je vois que tu es grand, tu as fait sur le pot ou le WC, tu peux être fier de toi ». En effet, c’est important pour eux d’être vus et entendus, portés psychiquement dans leur développement mais ce n’est pas non plus un exploit (ni une réussite, ni un échec). Ce qui n’a aucun sens, c’est d’en faire une course à la compétition du genre « tu as vu untel fait déjà sur le pot, bravo à lui ! »

C’est comme toute acquisition : la marche, la parole, elle se fait au rythme de chaque enfant. Rien ne presse, enfin…dans ce monde pressé, on peut en douter.

Pour aborder le sujet avec les enfants :  littérature enfantine

source de l’image mise en avant : développement de l’enfant.

Fesser ou ne pas fesser ? Telle est la question…

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« En France, on n’a pas le droit de frapper une personne adulte, pas le droit de frapper un animal, mais on peut frapper un enfant. » Ce sont les premiers mots d’un article paru dans « Libération » le  8 octobre 2013.

(Réédition du 29/04/13/Blogspot)

La question va vite être réglée du point de vue professionnel : il est INTERDIT de frapper, fesser, taper…et malmener un enfant dans tous les lieux d’accueil et fort heureusement !!!

Personnellement, je suis encore vivante pour en parler, c’est donc que ça ne tue personne. Évidemment ! A part recevoir des coups jusqu’à ce que mort s’ensuive, on ne meurt pas d’une fessée ou d’une gifle. Et alors ? Ai-je trouvé ça agréable ? Pas vraiment. Ai-je compris la leçon ? Non plus. Rien que d’être menacée de recevoir des coups de ceinture m’a traumatisé. C’est vous dire que c’était incompatible avec mon caractère et ma personnalité.

Résultat, je suis restée peureuse, méfiante, soumise et obéissante, pendant des années, sans parler de l’anxiété que cela engendre. Je fais partie d’une famille où les enfants ont été élevés par des pères autoritaires, encore très impliqués dans un système patriarcal : la femme et les enfants devaient surtout se taire. C’était à se demander quel était réellement le sens de la famille.

Je ne suis ni pour ni contre la fessée. Comme beaucoup de choses dans notre société, je ne comprends pas la fessée. Pourquoi y avoir recours ? ça me dépasse. J’assimile les gestes de ce type (fessée, claque, gifle…) à de l’humiliation.

A chaque fois que j’en ai reçu (pas tant que ça), j’ai éprouvé de la honte et une colère très forte puis de la rancœur devant tant d’injustice. Jamais, je ne me suis dit que je l’avais bien mérité. Pourquoi ? D’une part, parce qu’on ne m’a pas souvent précisé pour quelle raison j’en recevais. Une fois, on m’a expliqué et je n’ai quand même pas compris la claque en supplément. L’explication aurait largement suffi. De mon point de vue d’enfant, la claque était vraiment de trop. J’ai craint cette personne le restant de ma vie d’enfant. Pour établir des rapports de confiance, il faut ramer après !! D’autre part, parce que ça fait mal, bon sang !

Depuis quand la douleur est-elle éducative ?? 

Et pour les phrases-clichés ‘ce qui ne tue pas nous rend fort’ et ‘qui aime bien châtie bien’, je me permets de dire qu’il ne s’agit que de fausses excuses, décontextualisées qui plus est !

En réponse à Mme Chirac qui déclare : « quand un enfant est odieux, une bonne fessée, ni trop forte ni trop longue, ne lui fait pas de mal ». Bah voyons, il y a des ‘bonnes fessées’ et il est possible de les doser ? Alors c’est pire, ce n’est même plus un geste spontané c’est intentionnel MAIS surtout à quoi ressemble donc une « mauvaise fessée » !!!???

Quant au terme ‘odieux’ dont le sens premier est très fort (Qui excite la haine, l’aversion, la réprobation, l’indignation) dont le deuxième sens -un peu plus acceptable- concernant l’enfant (par hyperbole : qui a un comportement très désagréable, qui irrite.) et bien quitte à me répéter, il serait plus judicieux de comprendre pourquoi un enfant a un tel comportement que de l’en châtier.

Les spécialistes en parlent mieux que moi. Certains prônent la discipline et la sanction mais jamais jusqu’à la punition corporelle.

Un enfant est un individu en devenir, donc en construction.

Selon mon expérience, se construire dans la crainte, la menace et le châtiment, ça donne des individus qui vont devoir mettre les bouchées doubles pour un jour réussir à vivre sereinement. Donc, je ne remercie pas les personnes qui, encore en 2013, sont partisanes de la « correction corporelle », de la fessée dite « éducative » sûrement pour ne pas culpabiliser…

La violence et la maltraitance n’aideront pas les générations futures à se concentrer sur autre chose que leur âme blessée.

Il n’y a pas de petite claque

Avis de Stephan Valentin, psychologue

Réaction/Témoignage

 

Bébé dort sur le ventre…

ce bébé a 1 an aujourd'hui ♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥
ce bébé a 1 an aujourd’hui
♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

Difficile de se positionner (Être EJE c’est tout, sauf trancher dans le vif !!), loin de là. Pour moi en tous cas.

Professionnellement, je dirai que j’ai un seul choix : les recommandations déconseillent de coucher un enfant sur le ventre…mais quand j’y réfléchis, est-ce vraiment interdit ? A ma connaissance, non. Je cherche encore. D’ailleurs si quelqu’un en sait plus, je suis preneuse.

Personnellement, avec son torticolis congénital, mon fils aîné a dormi sur le côté avec des kilos de riz derrière le dos et la tête pour l’empêcher de se retourner (sur le dos) et ce jusqu’à ce qu’il change lui-même de position. Ce fut efficace. Comme il a toujours dormi dans la même pièce que moi, c’était simple de veiller sur son sommeil et en tant que jeune mère informée, c’était presque une surveillance obsessionnelle. @jout, depuis 2014 : le cadet a dormi dans toutes les positions et il est clair que sur le ventre, il dormait mieux. Je dormais à côté de lui, toujours en mode vigilance = principe du cododo.

Dans le pays où j’ai passé quelques semaines, les parents que j’ai côtoyés ne se posaient pas la question : bébé dort dans la position où il dort le mieux. Le bébé que j’ai observé dormait bien mieux sur le ventre et a fait « ses nuits » en un temps record. Je n’ai pas assez de recul pour dire si c’est une relation de cause à effet ou juste un hasard.

Ces parents ont les informations : le carnet de santé parle de la mort subite renommée Mort Inattendue du nourrisson (MIN). C’est même préconisé sur le lit parapluie de coucher l’enfant sur le dos. La maman de ce bébé a été très patiente avec moi, elle m’a dit : « vas-y, couche bébé sur le dos et observe ». Ce que j’ai fait. Résultat : siestes écourtées au moindre bruit, réveils en sursaut et sonores (en pleurant), manque de sommeil visible et fort besoin d’être bercé, sinon bébé était très grincheux !

Mais alors, faut-il choisir entre la qualité du sommeil et la sécurité de son enfant ?

Ce que les parents craignent (surtout en Occident, il faut l’avouer), c’est la Mort Inattendue du Nourrisson (MIN). Professionnellement, je pense qu’il est déconseillé de prendre ce risque de coucher sur le ventre. Mais si c’est la demande du parent ? Personnellement, je continuerai à être d’une vigilance extrême si mon enfant préfère dormir sur le ventre et même sur le dos. La MIN n’a pas disparu pour autant. Elle est même prévalente en France par rapport à l’Europe.

 » Dans l’histoire, le couchage des bébés sur le dos, sans couette ni oreiller, à température modérée (18°-19° C) et la limitation du tabagisme passif ont permis des progrès inespérés. D’après les chiffres, on est passé de 1285 MSN en 1984 à 350 en 1998″.

La mort innatendue du nourrisson semble rester une énigme. Qu’est-ce qui a le plus d’impact : le couchage sur le dos, la qualité de la literie, la température ambiante, les trois ensemble ou tout autre chose comme la neurologie du bébé ?

Mon avis n’étant que ma vérité et non une information infaillible, je partage deux liens très complets. Chacun s’informera :

MSN

MIN

Naître et vivre 

Commentaires publiés sur Overblog :
Stéphanie Il y a 2 mois  
Alors nous, franchement, on aurait du mettre notre fille plus vite sur le dos. Sacrilège ce que je viens d’écrire !

On était tellement perdu avec ce bout de chou dans les bras que même la dernière sage-femme à la maternité m’a dit en partant : « faites ce que bon vous semble pour votre enfant tant qu’il n’est pas en danger » Elle avait ajouté avoir pris la décision de mettre sa fille sur le ventre à 3 mois pour qu’elle dorme enfin ! Et pourtant, elle n’était pas la moins informée, loin de là avec son métier …

Nous, à cause de cette trouille monstrueuse, on a tenu jusqu’à 6 ou 9 mois, je ne sais plus, et puis on a laissé tomber, on l’a mise sur le ventre et on a EN-FIN tous dormi correctement, on n’en pouvait plus !
Le manque de sommeil était devenu trop important pour nous comme pour elle 🙁

Désormais, on la couchait sur le ventre et elle faisait sa vie pendant la nuit, d’ailleurs maintenant, elle se couche sur le dos 🙂

Voilà un peu notre expérience, s’il y avait un deuxième bébé, je pense qu’on mettrait autant de temps à assumer notre position tellement la pression est forte par rapport à ce sujet très grave…

MickaEJE  Il y a 2 mois

Merci beaucoup pour ton témoignage Stéphanie !

Stéphanie Il y a 2 mois

En fait, tout le monde aura corrige la première phrase, un lapsus révélateur,
Au lieu de « Alors nous, franchement, on aurait du mettre notre fille plus vite sur le dos. » c’est sur le ventre qu’on aurait du la mettre beaucoup plus tôt !
Voilà c’est corrigé …
M’en vais zieuter l’article sur l’allaitement 🙂

« Tout le monde meurt ; la mort, c’est la vie. »

Réédition du 05/04/13/Blogspot

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Françoise Dolto explique dans son ouvrage « Lorsque l’enfant paraît » : « Si la vérité n’est pas dite dans les termes mêmes que les adultes emploient pour affronter ces souffrances, l’enfant construit dans sa tête des fantasmes. Il faut que la réalité demeure dans les mots de la réalité, c’est-à-dire de l’expérience des choses. 

On peut par exemple dire à un enfant :

Il est mort parce qu’il avait fini de vivre alors que nous espérions qu’il vivrait comme toi.

C’est bien que tu sois vivant.

Ce n’est pas mal qu’il soit mort. »

Personnellement, je ne peux pas en dire grand chose. Je n’ai pas été confrontée à la mort d’un être proche depuis plus de 25 ans. J’étais une grande enfant, c’était un soir de Noël, quand mon grand-père est décédé. Comme il habitait à 10000km, le travail de deuil n’a pas été concluant puisque la première chose que j’ai dite en retournant chez lui c’est : « où est pépé ? ».

Je n’avais pas intégré qu’il n’était plus chez lui. Sans doute parce que je n’avais pu être présente à aucun rituel : ni la veillée, ni l’inhumation, ni rien…Quand j’ai vu sa tombe, je n’ai pas vraiment réalisé qu’il était en dessous, dans un cercueil. Il m’a fallu des années pour accepter son absence physique définitive. Dans mon entourage, ce fut un drame, d’autant plus que personne n’a pu se déplacer pour assister à l’enterrement. Deuil long et douloureux donc.

Professionnellement, aucune « expérience marquante ». La plupart des parents parlent à demi-mots de la mort. Si on ne creuse pas un peu, la nouvelle demeure secrète. Par contre, on sent qu’il se passe quelque chose. L’Enfant réagit, parle avec tout son corps, c’est flagrant ! La mort est tellement taboue qu’elle passe parfois inaperçue pour les professionnels. On finit par savoir, des mois plus tard et on se dit en équipe « ah c’est pour ça qu’untel était si agité, si différent ! ».

Parents, n’hésitez-pas à en parler aux professionnels qui accompagnent votre enfant.

Écouter sans nous immiscer, nous savons le faire. Nous serons, ainsi en connaissance de cause, présents pour votre enfant dans le moment douloureux qu’il traverse irrémédiablement avec vous. Même si vous pensez qu’il ne comprend pas, il épongera toutes les émotions qu’il rencontrera et il les exprimera comme il le peut

Pour ceux qui restent, la mort n’est pas rien. Comment savoir pour tous ceux qui partent et ne reviennent jamais ?

Ce poème, c’est ce que l’on aimerait bien entendre de la part des morts que nous aimons.

La mort n’est rien

« La mort n’est rien,

je suis seulement passé, dans la pièce à côté.

Je suis moi. Vous êtes vous.

Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours.

Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,

Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.

N’employez pas un ton différent,

Ne prenez pas un air solennel ou triste.

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Priez, souriez,

Pensez à moi,

Priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison

Comme il l’a toujours été,

Sans emphase d’aucune sorte,

Sans une trace d’ombre.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été.

Le fil n’est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de vos pensées,

Simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. »

Canon Henry Scott-Holland (1847-1918), traduction d’un extrait de « The King of Terrors », sermon sur la mort 1910. Quelquefois attribué à Charles Péguy, d’après un texte de Saint Augustin.

 

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Nulle part partout Ils l’ont cherché partout mais il n’est nulle part. Il a dit qu’un jour il monterait au ciel…et l’oiseau ne l’y a pas trouvé. Il parlait parfois de rejoindre les profondeurs… et le poisson ne l’y a pas vu. Il avait dit qu’un jour, plus jamais il ne quitterait la terre… et le chien ne l’y a pas trouvé non plus. Le poisson, l’oiseau et le chien sont devenus amis: et puis c’est comme s’il n’avait jamais disparu…c’est comme ça. Il y a des choses qui se passent d’explications. Ce récit, de Gaëtan Dorémus, contient plusieurs aspects symboliques intéressants. En cherchant des réponses liées à l’absence de leur ami, les protagonistes de cette histoire comprennent que le souvenir demeure au-delà de l’absence. Le graphisme est original. Les dessins simples et colorés sont ponctués par des phrases courtes et bien rythmées. Éditions Autrement

Lien internet intéressant : le concept de la mort chez l’enfant.

Source de l’image mise en avant : et si on parlait de la mort ? de Catherine Dolto

Des hommes dans le milieu de la petite enfance ?

Sujet abordé le 30 Mars 2013 sur overblog

C’est une question qui m’intéresse depuis longtemps. Je n’ai jamais pris le temps d’écrire à ce sujet. Je suis convaincue que des hommes ont toute leur place dans le milieu de la petite enfance et ça me désole que certains traversent des expériences douloureuses…et se sentent obligés de changer de voie. Quand on prône la parité, l’égalité des sexes et que sais-je encore…quelle est la cohérence de ne voir que des femmes accompagner de jeunes enfants en collectivité ??

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Articles intéressants :

Des hommes à la crèche, c’est possible ?

Ronan, éducateur de jeunes enfants, un homme à la crèche.

La cause des hommes.

La petite enfance, clé de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Site d’un éducateur de jeunes enfants. Et son interview.

Être éducateur de jeunes enfants.

A vous de vous faire votre propre opinion.

Source de l’image mise en avant : Expérience EJE de Jérémy

 

La télévision est-elle une menace pour les jeunes enfants ?

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Dessins issus d’une étude allemande réalisée sur des enfants de 5 à 6 ans. Cette étude, qui avait été évoquée par Courrier International, a été réalisée par un pédiatre Allemand sur 1900 enfants de 5 à 6 ans, à qui il a été demandé de dessiner un personnage.

Réédition du 20/07/13-Blogspot

La télévision, internet, les écrans…vaste débat ! Sujet toujours d’actualité, souvent débattu sur les réseaux sociaux. Et encore une fois, l’unanimité est loin de caractériser les pratiques des EJE. Tant mieux. Je lis avec intérêt les avis divergents. Ils amènent une réflexion, permettent d’éviter de me scléroser dans des théories qui finalement existent pour nous guider mais jamais pour penser ni pratiquer à notre place. Les théories et les études sont des recours, non des substituts, bien qu’elles se basent sur des faits et des expériences.

Mon avis, je le répète ici, est loin d’être objectif. Je me situe dans la catégorie des individus « victimes » de la TV. En fait, j’irai jusqu’à dire que je suis « esclave » de l’image. Il ne tient qu’à moi de me rééduquer. Ce que je fais au quotidien, avec des hauts et des bas. Pour ma petite histoire, j’ai rarement eu la TV durant mon enfance. Cependant -et peut-être est-ce à cause de son absence -cet objet me fascine trop souvent. Je le gère difficilement, c’est un réel combat. Je n’en ai donc jamais acheté et je ne le possède plus depuis plusieurs années. Pour éviter de punir mes proches, nous recevons les chaînes via un ordinateur (plus maintenant/février 2017). L’avantage de l’ordinateur familial c’est son usage parcimonieux ! Le téléviseur est bien trop facile à allumer, alors j’ai sciemment compliqué l’accès surtout quand j’ai vu mon fils aîné suivre le même chemin de « dépendance télé-visuelle ». Avec l’ordinateur, nos envies se dirigent naturellement vers les jeux, internet et des recherches précises, du travail sur logiciel…et le choix de film selon nos envies.

Quand je lis que l’usage des téléviseurs (et leur contenu médiatique) est anodin dans le milieu de la petite enfance, je me raidis et quand cela va jusqu’à leur présence et utilisation dans les structures petite enfance par des professionnels, j’avoue que je frise l’apoplexie.

Nous sommes suffisamment informés au 21ème siècle sur le développement de l’enfant, sa maturation nerveuse et physiologique, ses étapes, ses apprentissages, ses acquisitions…pour faire au mieux et être garant de son avenir donc de toute son enfance, dans les meilleures conditions. Oui ? Oui !!! Alors, comment est-ce possible d’accepter ou pire de proposer des objets inutiles et superficiels à leur usage ?? Sachant que dans la sphère privée, ils y ont accès la plupart du temps. Je me dis que c’est largement suffisant.

Nous faisons 3 ans d’étude pour prévenir plutôt que guérir, pour faire relais mais autrement jamais à la place des parents, pour pallier les manques ludiques, psychomoteurs… Quand on travaille dans l’intérêt de l’enfant, nous avons la responsabilité d’utiliser des outils à des fins épanouissantes, grandissantes, sécurisantes…oui ? Si quelqu’un me (dé)montre qu’un bébé et même un jeune enfant peut avoir un intérêt majeur à regarder un programme télé, alors écrivez moi par mail, je suis curieuse de nature.

Pour une fois j’ai un avis tranché. Peut-être que je diabolise les écrans et les images mais le contenu du téléviseur me donne régulièrement la nausée alors je ne le mettrai, pour ma part, jamais à disposition des enfants de moins de 3 ans. Et je veillerai toujours, à ce que visionnent les enfants de moins de 12 ans !!

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image trouvée ici

Liens :

TV Lobotomie – La vérité scientifique sur les effets de la télévision

L’impact de la télévision

Trop de télé nuit gravement aux enfants

Lettre ouverte aux parents déconnectés

Porter l’enfant : Semaine Internationale du Portage

du 7 au 13 octobre 2013

« Le plus bel amour ne va pas loin si on le regarde courir. Mais plutôt il faut le porter à bras comme un enfant chéri. » Alain (Émile Chartier, dit)

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« Le portage d’un enfant consiste à le tenir près de son corps sans nécessairement le tenir dans ses bras. Depuis l’origine de l’humanité, le porte-bébé est un instrument permettant la survie des enfants en bas âge. Récemment, les expériences de portage en kangourou ont montré qu’il n’avait rien perdu de sa valeur, bien au contraire. Il rend leur mobilité aux pères et aux mères d’aujourd’hui, les réintroduit au cœur de la vie sociale, les investit à nouveau du rôle indispensable qui est le leur.

  • C’est agréable, à la fois pour le porteur et le porté.
  • Le nouveau-né retrouve la chaleur, l’odeur, la voix de sa mère, tout ce qui l’a accompagné pendant la grossesse;
  • La mère y trouve le plaisir du peau à peau, le plaisir animal de sentir son tout-petit contre soi;
  • Le père peut aussi éprouver ces sensations, puissant moyen d’attachement, dans une société où l’on s’efforce souvent d’éviter les contacts physiques;
  • Remède souverain contre les coliques (testez-le si vous avez des doutes…);
  • Calme les peines et douleurs mystérieuses des premiers mois;
  • Aide l’enfant à s’endormir (mieux que de le laisser pleurer… avouez!!!);
  • Corrige et prévient les problèmes de hanches (grâce à la position jambes écartées-relevées);
  • Stimule le bébé qui est à hauteur d’homme;
  • Plus de problèmes dus à l’encombrement d’une poussette;
  • Faire ses courses, son ménage, toutes les tâches de la vie quotidienne sans perturber Bébé qui est bienheureux dans son écharpe au chaud contre sa maman (ou son papa);
  • Facile de faire téter Bébé en toute discrétion dans n’importe quelle circonstance. »

Voilà pour le côté « théorique ». Pour plus d’informations, voici un site dédié à cette pratique.

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le face au monde est inconfortable

En structure collective, je n’ai pas encore rencontré la possibilité de le faire pour répondre à des besoins spécifiques d’enfants, mais ça existe. Je pense que le sujet mérite réflexion, en équipe et avec l’accord des parents. Il ne s’agit surtout pas de l’imposer. Cependant les professionnels qui se sentent à l’aise avec le portage devraient pouvoir avoir à disposition un porte-bébé physiologique.

Les professionnels de la petite enfance ne sont pas unanimes sur le sujet. Le débat est souvent lancé sur la proximité affective « réservée aux parents ». A mon sens, cette proximité n’est pas que de l’ordre de l’intimité surtout dans le cadre professionnel. Dans l’histoire, la proximité a évolué : de la mère exclusivement, elle (la proximité) a consenti à être partagée avec le père. (Imaginons un homme du 18ème siècle faire du peau à peau avec son nouveau-né, c’est presque grotesque ?…et pourtant aujourd’hui, c’est banal). Dans notre société occidentale, l’enfant est confié à des personnes ne faisant pas forcément partie de son entourage proche et de fait une proximité affective s’installe. Le côté intime de plusieurs actes est présent qu’on le veuille ou non : le change, les soins, les émotions…et donc être pris dans les bras. Alors, si le portage, avec un support, peut permettre à des enfants de se sentir en sécurité et à des professionnels de limiter les douleurs dorsales et bien pourquoi pas ?

Vidéo : Une crèche adopte le portage en écharpe pour les bébés

Cette vidéo date un peu. L’idéal serait d’avoir un retour sur le bien-fondé de ce choix et sur les observations faites concernant les enfants qui en ont bénéficié.

Durant mon expérience au domicile des familles, j’ai eu l’opportunité de me servir d’un porte-bébé et j’ai eu plaisir à l’utiliser. Ma relation à l’enfant n’est pas devenue fusionnelle, il ne m’a pas confondu avec sa mère, il n’a pas réclamé les bras tout le reste du temps…bref il a apprécié autant que mon dos et moi. Tout dépend donc de l’enfant et de l’adulte.

Dans ma vie personnelle, mon fils aîné détestant la poussette, il a bien fallu trouver un autre moyen de le transporter. J’ai opté très vite pour un filet de portage et mon petit poisson s’y est senti rapidement plus à son aise. Je l’ai essayé avec d’autres enfants et c’était concluant.

@jout 2018 : bilan de 4 ans de portage de mon second fils. Dès sa naissance, il a été porté en écharpe par son père et moi. C’était magique, en toute occasions. Quand il a mieux tenu sa tête, il a bénéficié d’une écharpe sans noeud bien pratique qui a permis à son grand frère et sa tante de le porter. Plus grand, il a été porté dans le dos de son père  (mon dos ne supportait pas le poids) : dans un boba (pratique pour des courtes distances), dans un deuter avec structure métal  (peu concluant) et dans un manduca  ( la rolls royce des porte-bébé selon son père). 

Il est aussi allé dans la poussette.  Peut-être un peu trop tôt mais au quotidien je marchais beaucoup et mon dos ne supportait le portage que pour de courts moments. C’est un bilan totalement positif. Il a vite voulu découvrir son environnement. Être beaucoup porté n’a pas fait de lui un enfant dépendant mais bel et bien un enfant explorateur et confiant.

La poussette reste un accessoire pratique dans de nombreuses circonstances. Je n’irai pas jusqu’à faire une croix dessus. Un film me revient à l’esprit à ce sujet : Away we go, je me souviens d’une famille qui était contre l’utilisation de la poussette et d’une scène qui m’avait fait rire longtemps ! Je vous la partage :

Liens :

Fête ceci, faites-cela !

D’après mon agenda, il y a une fête des grands-pères le 6 octobre. ?!

Je découvre cette année son existence…comme quoi…
Aucun grand-père ne s’est plaint depuis 2008, quelle chance !

grand pere

La fête…des mères, des pères, des grands-mères et des grands-pères…Pourquoi pas des oncles, tantes, cousins… ?

La saison des fêtes…c’est toute l’année en fait !  A croire que l’Humanité ne peut pas vivre sans ces temps datés. La vie serait morose, j’imagine. J’ai donc écrit un article sur les fêtes en structure petite enfance, les fêtes calendaires « laïco-religieuses ». J’avais fait l’impasse sur les ajouts de la République.

Dans ce billet, je parlerai en mon nom propre, sachant que les EJE ne partagent pas tous le même point de vue et encore moins tous les professionnels de la petite enfance. Petit rappel : j’ai grandi dans un environnement où le sens de la famille m’a échappé et peut-être le sens de la fête avec, mais je me soigne 😉

C’est mon histoire personnelle qui a en partie forgé mon caractère et façonné mon tempérament. Depuis toute petite,  j’ai peur des élans fêtards, bruyants, criards…rien que dans le vocabulaire choisi, il est évident que je ne suis pas remplie d’allégresse comme mes pairs quand « c’est la fête ! ». Les débordements sont synonymes, pour moi, de non-maîtrise. J’ai trop souvent vu associés l’alcool et le tabac, (sans parler d’autres substances illicites) à ces moments, soi-disant, joyeux…Finissant en débauche pathétique avec toutes sortes d’artifices et de superficialité. Je trouvais tout cet étalage « m’as-tu vu » vraiment anxiogène. Évidemment j’ai entendu toute ma vie les arguments « mais on s’amuse, détend-toi, lâche-prise… » Lâcher-prise, oui sans doute, mais pas à ce genre de fêtes.  D’ailleurs je m’égare et je digresse, désolée.

Pour en revenir au sujet initial, quelque soit la fête, dès lors qu’elle se répète d’année en année, elle m’embarrasse, me déconcerte. Paradoxalement, je suis émue que l’on puisse rassembler autant de personnes dans des moments solennels et/ou festifs, quand ils sont vécus avec sincérité, comme peuvent l’être, encore parfois Noël, la St Sylvestre, Pâques, les anniversaires, le carnaval

La fête des mères en tant qu’enfant m’a souvent parue comme une corvée. Il fallait trouver une idée de cadeau ou suivre des consignes. J’y trouvais peu d’intérêt. Je n’ai aucun souvenir des réactions de ma mère. En tant que mère, j’ai parfois été déçue par ce que ramenait mon fils. Surtout quand je remarquais qu’un adulte avait sûrement mis plus de cœur à l’ouvrage que lui ! Les finitions étaient loin d’être enfantines. C’est l’intention qui compte ? Justement, quelle est l’intention d’un enfant de moins de 3 ans, d’un enfant de moins de 7 ans, etc ? Faire plaisir à sa maman, son papa ? Sûrement. Encore que, qui en est sûr ? La question leur est-elle posée ? Personne n’a eu l’air de remarquer mon désintérêt total dans la fabrication de ces présents durant ma scolarité.

@jout anecdotique de 2016 : mon fils de 2 ans a refusé de participer à l’activité dont le résultat était prévu pour mon cadeau de fête des mères. L’assistante maternelle ne l’y a pas forcé. Il a l’âge de l’exploration, s’asseoir pour manger et goûter c’est suffisant pour lui. Il est moteur, déménageur et son grand jeu du moment c’est de tout répéter. Un soir, avant de le coucher après le je t’aime et le câlin, il a répété « je t’aime » et il a ajouté maman. Je crois que c’est mon plus beau cadeau de l’année.

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La fête des pères. Nous y voilà. C’est ici que les avis ont commencé à diverger. Comme s’il avait été nécessaire que cette fête soit instaurée pour remettre en question celle des mères. J’ai entendu des « mais si l’enfant n’a pas de père, de mère ? » On est au 21 ème siècle, tous les enfants ont un père et une mère ! Ah ? Pardon ! Autant et au temps pour moi (les 2 dans ce contexte sont valables), il s’agit d’un géniteur et d’une génitrice. Être père, être mère c’est finalement être présent dans la vie d’un enfant (même dans l’absence/en souvenir). C’est maintenant clair, ces fêtes prônent la parentalité sociale et pas forcément biologique. 

Professionnellement, même si j’ai un avis personnel net et précis, je trouve compliqué d’affirmer que je pense ainsi et pas autrement à une équipe. Les EJE dans leur mission se positionnent inévitablement. Ils s’adaptent par la même occasion. Il y a l’art et la manière de le faire. Partager, échanger sur les différences, penser au bien-être des enfants et choisir ce qui convient le mieux en fonction du projet pédagogique, c’est essentiel.  

A domicile, j’ai accompagné volontiers l’enfant qui m’a demandé un cadeau pour sa maman, son papa, son papi, sa mamie.

Il est des avis personnels qui peuvent devenir des avis professionnels ou pas. Être professionnel c’est être fiable. Ce qui fait de nous un individu c’est un tout, pas seulement une partie de nous. Quel serait l’intérêt de se rendre au travail  en laissant son vécu de parent au vestiaire ? C’est vrai que certaines personnes endossent presque un déguisement pour travailler. Je trouve que c’est dommage et même dommageable. Quand on nous prévient qu’il est convenu d’éviter de mélanger vie privée et vie professionnelle, c’est surtout concernant la vie intime et les commérages qui s’ensuivent mais pas la vie quotidienne. Surtout que nous passons le plus clair de notre temps au travail quand on en a un. A moins d’exceller dans le dédoublement de la personne, ce qui ferait de nous quelqu’un de potentiellement dangereux, il est compliqué d’enfiler la blouse du parfait EJE tous les matins de la semaine. Ah zut, encore une digression.

En conclusion, même si ce n’est pas ma tasse de thé de « faire la fête pour faire la fête », même si les fêtes instituées me dérangent, je suis ouverte à tout ce qui est pensé, proposé, créatif et bien vécu par tous. (lien inactif de Passerelle-eje) On m’objectera qu’il est difficile de satisfaire tout le monde. Pourtant il est possible de réfléchir à des projets moins orientés dans lesquels on peut tous se retrouver.