Echecs de societe

Du côté du Canada : merci à Christine BRASSARD pour cet écrit que je partage à tous points de vue. Même constat en France.

  1. Vouvoiement et manque de civisme à l’école,
  2. hausse de la violence chez les enfants en maternelle et
  3. agressions envers les enseignants.

« Trois réalités qui font les manchettes depuis quelques mois et qui révèlent exactement ce que je dénonce depuis 30 ans. Elles avaient déjà été pointées du doigt, à l’époque, par les enseignantes de mon fils, qui ont été de véritables mentors pour moi lorsque j’allais aider en classe plusieurs heures par semaine : la perte du lien (maternant) avec l’enfant.

NOUS RECOLTONS AUJOURD’HUI CE QUE NOUS AVONS REFUSÉ DE VOIR

On s’étonne, aujourd’hui, que les enseignants décrivent leur école comme un milieu de travail violent. On déplore des enfants qui frappent, mordent, crient, agressent. On parle de manque de civisme. On invente des solutions symboliques, comme le vouvoiement, en espérant calmer la tempête.

Mais ce que nous observons dans nos écoles n’est pas une crise soudaine. C’est le résultat d’un choix de société fait il y a plus de vingt ans :  remplacer la présence parentale par l’institution , au nom de l’économie. 

QUAND ON A DÉVALORISÉ LA MÈRE… ON A DÉSTABILISÉ L’ENFANT 

Avec la création des CPE, financés en partie par le retrait des allocations familiales (1997), on a poussé des milliers de mères à retourner travailler,  non parce qu’elles le désiraient toutes, mais parce qu’elles n’avaient plus les moyens de rester à la maison ou faire du temps partiel. 

On a fait croire que :

▪︎ une éducatrice = une mère

▪︎ la stimulation institutionnelle = meilleur développement

▪︎ l’enfant « s’adaptera »

Pendant ce temps, la psychiatrie, la psychanalyse et les neurosciences disaient déjà autre chose.

BOWLBY : l’enfant a besoin d’une figure d’attachement stable pour se sécuriser.

WINNICOTT : “il n’y a pas de bébé sans sa mère”.

SPITZ : la séparation répétée produit retrait, anxiété et détresse.

AINSWORTH: c’est la sécurité affective qui rend l’enfant sociable, pas l’institution.

DAMASIO : le soi et la régulation émotionnelle naissent dans le lien affectif précoce.

Un enfant placé très tôt, qui change souvent de bras, d’adultes, de règles, apprend une seule chose : l’amour est conditionnel.

Et quand l’amour devient conditionnel, 

➡️ la frustration devient insupportable

➡️ l’autorité devient menaçante

➡️ la colère devient son seul langage

L’ÉCOLE REÇOIT DES ENFANTS… MAIS HÉRITE SURTOUT DE BLESSURES 

La maternelle est aujourd’hui le lieu où tout craque. 90 % des enseignantes disent avoir déjà subi de la violence. 

On parle de mordre, pousser, frapper, cracher. La violence augmente et on demande aux enseignants de « gérer », comme si l’école pouvait remplacer des années de manque d’attachement stable.

Ils deviennent pompiers : ils éteignent des feux qui n’auraient jamais dû s’allumer.

Pendant ce temps, les parents courent :

▪︎ départ à 6h

▪︎ retour à 18h

▪︎ souper – bain – dodo

Aucun espace pour parler, expliquer, encadrer calmement. Alors on achète la paix, on promet, on menace, on cède par épuisement.

Pas par manque d’amour. Par manque de temps humain. 

TROP D’AUTORITÉS, PAS ASSEZ D’ATTACHEMENT

Avant la maternelle, certains enfants auront connu :

6, 7, parfois 9 figures d’autorité :

-éducatrices qui changent

-remplacements

-mouvements de personnel

Quand l’enfant vit cela :

▪︎ l’autorité ne devient plus sécurisante

▪︎ elle devient imprévisible

▪︎ elle n’est jamais vraiment liée à lui

L’enfant ne devrait pas avoir plus de 3 ou 4 figures d’autorités dans les 5 premières années de vie et elles doivent être stables, présentes, continues et reconnaissables. 

Les enfants n’ont pas besoin d’être « socialisés » tôt.

Ils ont besoin d’être attachés d’abord.

La socialisation vient naturellement après.

ON A MIS L’ÉCONOMIE AVANT LES ENFANTS

On présente ce système comme un progrès pour les femmes. Pourtant, si Pauline Marois avait vraiment voulu leur liberté, elle leur aurait donné les moyens de choisir.

À la place, elle a créé : 

plus de revenus… mais plus de dépenses, plus de stress, de fatigue, d’épuisement parental et plus de fractures dans le lien parent-enfant.

Et en même temps, on a rempli les coffres de l’État avec :

▪︎ impôts

▪︎ taxes

▪︎ consommation liée au travail

▪︎ consommation compensatoire (ex: alcool, cigarette, voyage, restaurant et autres récompenses ) 

▪︎ consommation de professionnel (massotherapeute, psychologue, avocat pour divorce) 

Pendant qu’on faisait croire qu’une institution pouvait remplacer une maman.

(Grâce au études sur le télé-travail, on sait aujourd’hui que travailler à l’extérieur coûte autour de 11 000$ , alors ajouter les frais de garde, on arrive à 20 000$ par année, minimum)

LE CERCLE VICIEUX 

Un système mal pensé crée :

➡️ détresse chez l’enfant

➡️ pression sur l’école

➡️ départ des enseignants

➡️ explosion des coûts

➡️ ajout de ressources

➡️ complexité accrue

➡️ efficacité réduite

Et maintenant les premiers enfants des CPE ont des enfants. S’ils n’ont pas reçu stabilité, attachement, continuité… comment peuvent-ils le transmettre? Voilà pourquoi la crise est plus grave aujourd’hui.

LE VOUVOIEMENT NE RÉPARERA PAS L’ATTACHEMENT BRISÉ 

On peut imposer le respect par le langage.

Mais on ne peut pas imposer :

▪︎ la sécurité intérieure

▪︎ la confiance

▪︎ la tolérance à la frustration

▪︎ l’empathie

Ces compétences se construisent entre 0 et 3 ans, dans la relation avec une figure d’amour stable.

Ce n’est pas une opinion romantique.

C’est de la science.

CE QU’IL FAUDRA AVOIR LE COURAGE D’ADMETTRE 

Si nous voulons réduire :

▪︎ la violence

▪︎ l’anxiété

▪︎ l’agressivité

▪︎ l’épuisement scolaire

il faudra regarder en amont, pas seulement dans les classes.

Il faudra :

➡️ reconnaître que l’attachement précède la socialisation

➡️ soutenir financièrement la présence parentale précoce

➡️ privilégier des milieux d’accueils, petits et stables

➡️ cesser de culpabiliser les mères qui choisissent de rester à la maison

➡️ remettre l’enfant au centre, pas l’économie

Parce qu’un enfant sécurisé n’a pas besoin de frapper pour exister ou de vouvoyer pour respecter.

ÉGALITÉ, CONFUSION DES RÔLES ET CRISE DE L’AUTORITÉ

Depuis quelques années, nous assistons à une montée inquiétante de la violence chez les enfants, à un rejet généralisé de l’autorité, à un effondrement du respect des règles, des éducatrices, des enseignants et, plus largement, de l’autre. 

On parle de pénurie de ressources, d’écrans, de classes surchargées, de manque de soutien au personnel scolaire. Tout cela existe. Mais ce ne sont pas les causes profondes.

LA CRISE QUE NOUS VIVONS EST AVANT TOUT UNE CRISE DU DÉVELOPPEMENT 

Au nom de l’égalité entre les femmes et les hommes, une revendication juste et nécessaire,  nous avons commis une erreur majeure : nous avons confondu égalité de valeur avec identité des rôles. 

Nous avons voulu tout unifier : les besoins, les fonctions, les trajectoires, sans tenir compte ni de la nature humaine, ni des besoins spécifiques des enfants.

Or, l’égalité ne signifie pas la négation des différences. Elle signifie l’égalité de dignité, de droits, de reconnaissance. Une différence de rôle n’implique pas une hiérarchie de valeur. Les rôles peuvent être différents et tout aussi essentiels.

Dans le développement de l’enfant, cette distinction est fondamentale.

Un jeune enfant a besoin, dans ses premières années de vie, d’un parent qui fusionne avec lui, qui materne, qui sécurise, qui régule son stress, ses émotions, son rapport au monde. Cette fonction de fusion n’est pas idéologique : elle est biologique, neurologique et psychique. Sans elle, l’enfant reste en état d’insécurité interne, incapable d’intégrer un cadre ou une règle.

Mais l’enfant a tout autant besoin d’un autre parent qui sépare, qui introduit la limite, la loi, l’altérité, qui l’aide à sortir progressivement de la fusion pour devenir un sujet distinct. C’est cette fonction séparatrice qui permet la construction du surmoi, du respect des règles, de la loi intérieure, et ultimement du respect de l’autre.

AUJOURD’HUI NOUS AVONS BROUILLÉ CES FONCTIONS

Nous demandons aux deux parents de travailler à temps plein. Nous plaçons les enfants très tôt en services de garde. Les deux parents maternent à temps partiel. Personne n’occupe pleinement la fonction de base de sécurité. Et surtout, personne ne veut incarner la séparation, la frustration, la loi, par peur de ne pas être aimé, par culpabilité liée au peu de temps passé avec l’enfant.

La fonction d’autorité est alors déléguée aux éducatrices et aux enseignants. Mais on leur demande l’impossible : discipliner des enfants avec lesquels ils n’ont pas de lien d’attachement primaire. Et pire encore, lorsque ces professionnels tentent de poser des limites, les parents se rangent du côté de l’enfant, discréditant l’adulte et détruisant toute légitimité de l’autorité.

L’enfant apprend alors une chose essentielle : la loi est négociable, l’adulte n’est pas fiable, l’opposition fonctionne.

Ce n’est pas un hasard si nous observons aujourd’hui plus de violence, plus de désorganisation, plus de conflits. Un enfant qui n’a pas été suffisamment contenu ne peut pas intégrer la règle. Il la combat.

LES FEMMES, DANS CE MODÈLE, SONT AUSSI PARMIS LES GRANDES PERDANTES

Elles ont gagné des droits, certes. Mais elles ont aussi additionné les rôles. Elles continuent de porter la responsabilité des enfants, la charge mentale, souvent celle de la maison, tout en étant désormais obligées de travailler à temps plein pour assurer leur sécurité financière. Avant, elles étaient contraintes de rester à la maison. Aujourd’hui, elles sont contraintes de travailler, même lorsqu’elles souhaiteraient rester auprès de leurs enfants. Le choix réel n’existe plus.

Les hommes, de leur côté, ont perdu leur place symbolique. On leur a retiré le droit d’incarner la séparation et l’autorité sans les culpabiliser ou les disqualifier. Résultat : retrait, désengagement, confusion.

LES ENFANTS, AU CŒUR DE TOUT CELA, PAIENT LE PRIX

Reconnaître les différences entre les femmes et les hommes, entre les rôles parentaux puis reconnaître les fonctions distinctes nécessaires au développement de l’enfant, ce n’est pas un retour en arrière. C’est une condition de santé psychique collective. L’égalité ne passe pas par l’effacement du réel, mais par sa reconnaissance.

Nous ne pourrons pas réparer la crise de l’autorité, de la violence et du lien social sans oser remettre au centre les besoins fondamentaux de l’enfant, ni sans redonner une valeur réelle, sociale, économique et symbolique, au rôle maternant et au rôle séparateur.

Nier la nature n’a jamais libéré qui que ce soit. Elle revient toujours nous rappeler ses lois. »

Christine Brassard

Note : La personne qui remplit le rôle maternel ou paternel peut être une femme ou un homme ; ce n’est pas cela qui importe. Ce qui est important, c’est que la personne ait les qualités nécessaires pour materner, et inversement pour paterner. L’essentiel est que chacun joue pleinement son rôle afin que l’enfant puisse se développer harmonieusement.

L’enfant doit d’abord fusionner avec le parent qui materne, puis, plus tard, être séparé par l’autre parent. Dans mon cas, ce rôle a été joué par ma mère au départ, puis plus tard par mon nouveau conjoint, puisque le père de mon fils ne faisait pas partie de sa vie à cette époque.

Réponse de Christine SCHUHL/polémique « RNQAJE »

Article issu du site les pros de la petite enfance.
« Tribune Libre

Un référentiel, une autre démarche que celle d’un guide.

Par Christine Schuhl*

Durant des années, les professionnels de la petite enfance ont revendiqué des outils pour ne pas se perdre dans des pratiques professionnelles parfois improvisées selon les repères de chacun. Les travaux canadiens étaient enviés, les approches suédoises étaient espérées, mais aucun outil ne permettait de formaliser une véritable démarche de qualité.
Des premières chartes au rapport Giampino, les pratiques ont bougé. Elles ont été plus explicites et la bien-traitance est entrée dans les pratiques, que ce soit aux domiciles des assistantes maternelles ou au sein des collectivités. Tout n’est pas idéal, loin de là, et des dérives dangereuses et inacceptables se révèlent encore trop souvent malgré un travail de prévention bien réel.

Aujourd’hui un référentiel voit le jour, fruit d’un travail colossal de professionnels pluridisciplinaires, afin de poser des repères importants dans l’accompagnement de l’enfant de moins de trois ans.
Certains parlent de ce document en termes de guide, comme s’il s’agissait d’une succession de « recettes ». Il n’est pas à lire dans une tonalité de « il faut »… « Il ne faut pas », mais bien plus le comprendre et le mettre en œuvre dans les principes de réalité de chacun. Il n’y a pas de recette dans l’éducation, il n’existe pas plus d’astuces. Les petits groupes d’enfants se composent au hasard des inscriptions et ensemble le quotidien se tisse au gré des émotions et des niveaux de sécurité affective de chacun.


Même si la vie en collectivité et au domicile des assistantes maternelles est parfois complexe et difficile, il est urgent de quitter les techniques d’exclusions et toutes formes de punitions qui ont affaibli des générations d’enfants… et d’adultes. Notre responsabilité d’adulte est d’accompagner l’enfant dans les découvertes de ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, sans menace ni peur.
C’est par la fiabilité de l’adulte et surtout sur sa confiance réelle et profonde que l’enfant trouvera ses principaux appuis pour grandir.
Le référentiel est cet ensemble de repères construits sur des connaissances scientifiques actuelles permettant aux professionnels d’analyser leurs pratiques de les remettre peut-être en question tout en comprenant mieux les besoins des enfants de moins de trois ans.
Les exemples peuvent aider à saisir les situations, cependant, qu’il s’agisse de thérapies ou de quotidiens institutionnels ou familiaux, aucun exemple ne peut être valide sans son contexte, il peut encore moins servir de recette. Sorti de son contexte, l’exemple alimente la polémique sans donner une solution adaptée à toutes les situations.

Les « toujours » et les « jamais » ne donnent pas le sens d’une pratique. Ainsi, les connaissances sont là pour aider à mieux comprendre le besoin des tout-petits, non à dicter des postures.
Connaitre le développement de l’enfant et ses besoins est une nécessité pour chaque adulte, parent, professionnel, qui accompagne l’enfant dans son bien devenir.

Il y a urgence à prendre en compte chaque principe de réalité où un tout-petit de moins de trois ans est en relation avec un adulte ou un autre enfant, pour en connaitre ses potentialités réelles et réfléchir calmement sur ses besoins psycho-affectifs. Le quotidien est au cœur du vivant, il bouge, évolue, où chacun doit apprendre à s’adapter pour que le vivre ensemble prenne tout son sens. Considérer le référentiel petite enfance comme un guide serait le réduire à un ensemble de postulats posés en dehors de toute réalité.
Ainsi le référentiel n’est pas un idéal, sans quoi il creuserait encore plus les difficultés des professionnels qui, faute de moyens, se verraient sans cesse éloignés de ces objectifs. Il est bien plus un repère, un cadre dans lequel chacun peut y composer ses pratiques professionnelles sans oublier qu’un petit d’homme possède d’innombrables compétences qui se construisent à partir d’une véritable confiance mutuelle fondement d’une sécurité affective vitale et incontournable.

Educatrice de jeunes enfants, Montessorienne, diplômée d’études appliquées en sciences de l’éducation. Elle est formatrice, conférencière à l’origine de l’oxymore « les douces violences ». www.christineschuhl.com

Christine Schuhl PUBLIÉ LE 01 SEPTEMBRE 2025

Les pros de la petite enfance

Introduction au RÉFÉRENTIEL national de la QUALITÉ d’accueil du jeune enfant

Comme ça s’agite dans la fourmilière, je me suis dis que j’allais y mettre mon grain de sel.

Grande première, je vais exposer ma trombine et à l’ère du self-service/fast food du « je donne mon avis surtout s’il n’est pas sollicité », ça comporte le risque de voir débarquer des haters sur ma petite planète tranquille. Qu’à cela ne tienne, qu’ils s’achètent une vie plus épanouie.

Je ne sais pas encore quel format ni à quelle fréquence ce sera « digeste ». Même si je fais l’effort de ne pas parler pour ne rien dire, j’ai une fâcheuse tendance à la digression.

https://crowdbunker.com/v/o2jUvrbwdP

Pas de rentrée professionnelle

Août 2025 sans rentrée. Je n’ai jamais aimé la rentrée. La vie « normale », telle que je la conçois, ne consiste pas à me séparer de ceux que j’aime tous les matins, de m’épuiser dans un travail qui perd du sens et de retrouver ma famille avec des devoirs et de la fatigue 5 fois par semaine. J’ai toujours trouvé ce mode de vie complètement absurde.

Hier, je n’ai pas repris le travail. Je l’évoquais déjà en mars. Usée par les circonstances :

Mon mental a hésité, encore une fois : la peur, l’insécurité, l’argent toussa toussa.

Mon corps, lui, a commandé : un STOP, sans compromis. 

C’est tellement inconfortable, mais ça l’est moins que la situation « bus-boulot-dodo » à répétition.

Quand j’ai appris que Badinter et Goldman and cie avaient pondu une tribune contre l’idéologie positive du nouveau référentiel de l’accueil des jeunes enfants, j’ai compris que c’en était fini pour moi de cette gué-guerre puérile entre les pros du « c’était mieux avant » et les pros du « changement c’est maintenant ».

Comme Agathe ejemaispasque, je suis fatiguée, épuisée, exténuée et surtout je n’ai plus cette énergie d’expliquer. Je ne dis pas que le référentiel est parfait. On peut tout de même reconnaître ce travail qui mérite de poser des bases de réflexion, là où la plupart des professionnels se plaignaient qu’il n’y avait rien. Jamais contents les français !

Je me demande si l’idéal professionnel existe pour moi. C’est la grande question des derniers mois de 2025. Objectif : une réponse avant le 31/12/25.

Non

LA GRATITUDE

Toutes les fins d’années, c’est le même refrain.
« Doit-on faire des cadeaux à celles et ceux qui accompagnent nos enfants pendant une ou plusieurs années ? » Tel un sujet de baccalauréat. Thèse-antithèse-synthèse.

Scoop. Nous faisons comme bon nous semble ! Sauf que… parfois se glissent des arguments et des façons de procéder souvent fallacieuses.

Ces professionnelles sont payées pour leur travail. Et alors ? Ça annule toute possibilité de gratitude ?

La gratitude c’est tellement simple : un mot, un dessin… qui signifient tellement pour celles et ceux qui les reçoivent ! Une reconnaissance du travail effectué, de l’engagement maintenu, sur la scène et en coulisses. Souvent les coulisses sont les grandes oubliées : les professionnel.les de direction, de la restauration, de la maintenances des locaux, etc. J’ai trouvé un qualificatif pour ce phénomène : la gratitude sélective. Comme-ci tout reposait sur un membre, deux ou trois d’une équipe. Le pire c’est que ça se voit. Si encore c’était discret. Ou alors c’est voulu, qui sait ? La méchanceté ça existe.

Ça m’est arrivée une fois. Heureusement que j’étais absente. Une maman a offert un cadeau seulement pour moi. Quand je l’ai appris, j’étais sidérée qu’elle ait pu faire ça, en présence de mes collègues. Ce cadeau est resté sur mon lieu de travail.

C’est compréhensible de préférer quelqu’un.e. Dans ce cas, c’est possible de s’organiser pour éviter de froisser les autres. Car oui, c’est vexant. Surtout que vous ne voyez que ce qui est visible. Ça arrive que vous « gratifiez » des pros qui ont peu de mérite dans leur façon d’accompagner votre enfant. C’est la vie et son manque de justesse.

Souvent les enfants donnent des indices même s’il arrive qu’ils s’attachent malgré une relation toxique.

En tous cas, pour éviter les déconvenues, les présents à partager, c’est encore plus facile à faire pour contenter toute une équipe. Merci aux familles qui y pensent.

Simplissime et touchant




« C’est la mode ! »

Texte trouvé sur les RS.
« L’autisme, c’est la nouvelle mode, maintenant ils le sont tous. »

Ah oui ?
Ça doit être les vaccins.
Ou la télé.
Ou l’éducation bienveillante.
Ou… peu importe ce que BFM t’a vendu aujourd’hui pour mieux nous diviser.

Non. Tout ça, c’est faux.
Ce qui est vraiment fou, c’est cette idée que l’autisme serait « apparu comme ça », soudainement.
Alors qu’en réalité, tu as grandi entouré de personnes autistes non diagnostiquées.

Ton cousin n’était pas « paresseux ».
Il avait juste besoin d’une routine pour survivre au chaos.

Ton oncle n’était pas « associable ».
Il luttait avec des codes sociaux qui n’avaient aucun sens pour lui.

Ton grand-père, fidèle à son rituel du petit-déj et à sa chaise attitrée ?
Ce n’était pas une lubie. C’était un ancrage sensoriel.

Ce camarade brillant qui ne parlait jamais…

Ce frère ou cette sœur qui fondaient en larmes à cause d’une étiquette qui gratte ou d’un bruit trop fort…

Cet enfant qui connaissait tous les noms latins des dinosaures à 5 ans…

Cet adulte qui porte les mêmes vêtements chaque jour parce qu’il s’y sent bien…

Tu ne les as pas ratés.
Tu les as mal compris.
On les a mal nommés.

Parce que longtemps, on a confondu les signes de l’autisme avec des défauts de caractère.
Et c’est ainsi qu’on s’est retrouvés avec une génération entière de personnes invisibles qui pensent être anormaux et problématiques.

L’autisme n’est pas nouveau.
Mais le diagnostic, oui.
La conscience, oui.
L’acceptation… elle commence à peine.

Alors oui, tu peux continuer à accuser les écrans, la société ou l’alimentation, si ça te rassure.
Pendant ce temps, des milliers de personnes continuent d’être rejetées, jugées, exclues, parce qu’elles ne rentrent pas dans la case.

Ce n’est pas une épidémie d’autisme.
C’est une montée en lumière.
Une vague de gens qu’on commence enfin à voir pour ce qu’ils sont.

Et si on se demande pourquoi il est encore si difficile de poser un diagnostic, on peut aussi se poser cette question dérangeante :
à qui profite l’invisibilisation ?

Quand on comprendra que nous sommes bien plus nombreux qu’on ne le croit…
Quand on réalisera que ce n’est pas nous le problème,
mais un système qui refuse d’évoluer…

Alors, il faudra tout revoir.
L’école. Le travail. La norme.
Il faudra reconnaître que le modèle actuel est obsolète.

Et peut-être qu’un jour, ce seront ceux qui se croient aujourd’hui « normaux » qui se sentiront minoritaires.

Et ce jour-là…
Il ne s’agira plus de réparer des individus.
Mais bien de réparer une société qui nous a fait croire, trop longtemps, que notre lumière était une anomalie.

Kerneur Elodie

Via Nathalie Gontrand

Se renseigner :

un pour cent media

Joana en pyjama

Hommage à une maman

partie trop tôt.

Je ne l’ai pas connue en tant que personne publique. Alors je saluerai son rôle de mère. De ce que j’ai vu durant quelques années, elle l’a rempli à merveille, même quand c’était difficile. Toujours avec le sourire. Toujours. Une vraie leçon de vie. Sourire même dans les tempêtes.

Elle fait partie de ces mères qui ont une attention personnalisée pour chacune d’entre celles qui s’occupent de son fils. C’est pas si simple de parler d’elle au passé. La confiance était là et c’était fluide.

Le temps s’est écoulé jusqu’à récemment, la vie en suspend. Quel courage jusqu’au bout.

Merci pour ce petit bout de chemin à vos côtés et aux côtés de votre enfant.

Aurevoir Charline

L’EJE suffisamment bonne

C’est un métier qui manque de reconnaissance notamment parce que les premières années de l’enfance sont souvent considérées comme banales. « De toute façon, les jeunes enfants oublient »… 

Certes, la mémoire s’efface année après année. Il s’agit d’une mémoire spécifique. https://lasujets.com/developpement-cognitif-du-nourrisson/

Pourtant, ce que les bébés et jeunes enfants construisent est primordial et forme une base pour la vie : l’attachement.

L’EJE n’est pas censée {pendant des décennies le masculin l’a emporté, alors qu’il est minoritaire dans le métier} favoriser l’attachement. Elle en accompagne la construction.

Chaque année, je me réjouis qu’un.e enfant se détache, pour explorer le monde et accorder sa confiance à tous les membres de l’équipe. Pas à une seule professionnelle.

C’est ça, pour moi, l’essence de l’EJE suffisamment bonne. À l’instar de Winnicott, l’EJE sans jamais être la principale figure d’attachement, n’en fait ni pas assez, ni trop. Elle est là. Elle voit, elle regarde, elle accueille, elle EST au maximum. Elle FAIT le minimum = un phare. Elle éclaire sans éblouir. Sa lumière n’éteint celle de personne d’autre, pas celle de ses collègues, encore moins celle des familles.

Si ça arrive {c’est du déjà observé et vécu } alors il est primordial de repenser et rectifier sa place pour que la famille garde la sienne. Un enfant plus attaché à une ou des professionnelle.s qu’à ses parents, c’est questionnant quand ça dure. Effectivement certains enfants passent plus de temps à la crèche (5/7j de 7h30 à 18h avec 5 semaines de vacances, voire moins) qu’avec leur famille. Le risque est possible. En général, quand un cadet arrive dans la famille, l’attachement aux parents reprend avec vigueur. La professionnelle retrouve alors sa place : temporaire et de passage. Et parfois sans souvenir.

C’est peu gratifiant sur le long terme et en même temps ça l’est tellement au quotidien, avec une intensité inégalée. C’est de l’amour (oui, quoi d’autre ?) pur et inconditionnel.

Sans amour, travailler avec des enfants est impossible. Ça devient une corvée.

Pas encore lu

Totto-chan

« Les élèves de Tomoe sont les meilleurs, c’est les autres qui n’sont pas à la hauteur »

C’est l’histoire d’une petite fille épatante qui va à l’école dans un endroit de rêve au Japon, pendant la seconde guerre mondiale.

Même si je savais que les petits japonais vont seuls à l’école, la voir partir en tram, c’est impressionnant. Je ne sais pas quel âge lui donner. Le système éducatif au Japon est différent. C’est traduit par « primaire » et elle y passe trois ans, de 1941 à 1944, si j’ai bien suivi. Ses expériences sont tout aussi stupéfiantes. Elle a un sacré ange gardien ! Et quelle présence, quelle joie de vivre, quel optimisme ! Une belle leçon de vie.

Le mieux c’est de le regarder. J’ai ri et pleuré, pour changer.

Les EJE en EAJE

⚠️ Attention ⚠️ effet de surprise gâché : sujet qui va déplaire. Âmes sensibles s’abstenir. Et précision : c’est mon avis sur le sujet.

Depuis ma formation, je dis haut et fort, à qui veut bien l’entendre, qu’il persiste un fossé (voire un gouffre) entre la formation et le terrain. Malgré les stages ou surtout grâce aux stages ? Hélas, cela dépend. Soit l’étudiante (c’est le féminin qui l’emporte) a la chance d’être en stage sur le terrain pour travailler et se rendre compte que mettre la théorie en pratique, c’est hyper complexe. Soit elle papote dans un bureau (véridique). Forcément le contraste avec le premier contrat de travail est saisissant, quoiqu’il arrive.

Je parle en mon nom, hein. Pas de panique. {De toute façon, ce site est perdu dans les méandres d’internet. Peu, voire plus du tout de lecteurs et contenu pas du tout politiquement correct donc encore moins populaire. Peu de risques de faire des vagues et encore moins des tsunamis. Ça m’arrange bien. Les coulisses me plaisent bien mieux que la scène.} Il semblerait que je ne sois pas la seule à penser ainsi.

J’ai croisé quelques-unes (jamais de quelques-uns) de mes congénères, pardon collègues de même formation sur le terrain. Je nous trouve évanescentes parfois ou à l’opposé « grande goule qui sait mieux que tout le monde », rarement des EJE efficaces. Je me case un peu dans les 3 catégories citées. Il y en a sûrement d’autres. Finalement avec la même formation, nous sommes toutes et tous autant d’EJE que nos personnalités, avec souvent beaucoup de points communs ou parfois, étonnamment aucun. Tout est possible.

Ce que je regrette dans cette formation c’est le manque de suivi psychologique. A mon sens, nous devrions obligatoirement suivre une thérapie. Ça me semble indispensable pour interroger le « pourquoi d’un choix de métier avec des jeunes enfants ». Et par la même occasion interroger notre enfance. Pour quelles raisons ?

  • Éviter de transposer, en premier lieu. Notre éducation n’est ni la meilleure ni la pire et n’a rien à faire sur notre lieu de travail. Et encore moins celles de nos enfants quand on en a,
  • faire place nette, de nos traumas et traumatismes, les plus douloureux. Ou si c’est trop long, les identifier et les accepter…et vivre avec sans rien faire subir aux autres.
  • BREF laisser nos casseroles en dehors de notre travail. C’est déjà très bruyant.

Quitte à continuer pendant nos années de travail, si nécessaire, mais au moins éclairer nos parts d’ombres, un minimum. Parce que sur le terrain, c’est miné et les risques d’explosion sont récurrents.

Le quotidien avec des jeunes enfants, c’est harassant. Le quotidien entre femmes, c’est des embrouilles souvent assurées. Inutile de se voiler la face.
Il est nécessaire d’être plus que forte. C’est même vital. Faire carrière sur le terrain, c’est au-dessus de mes forces, par exemple. Je l’ai exprimé maintes fois. Toute mon admiration à celles qui l’ont fait. J’ose à peine imaginer la retraite…{Quand je constate l’état de santé de ma mère, auxiliaire de puéricultrice, j’ai des raisons d’avoir des craintes. Ce métier l’a usée. Elle profite à peine de la vie.}


C’est encore un bla-bla sans recette magique-miracle. En fonction de chacune, nous savons souvent rapidement si ce métier est vraiment fait pour nous. C’est important de bien écouter la petite voix qui murmure avant qu’elle ne se mette à hurler. L’épuisement peut être tel, que c’est impossible de passer à côté de cette remise en question. C’est sous-payé, sous-reconnu, sous-évalué et on peut finir sous l’eau à cause des changements d’équipe permanent, des absences répétées. C’est à peine compatible avec une vie de famille. Bref, c’est à réfléchir plutôt DEUX fois qu’une. Ou alors il faut un mental et des ovaires en titane.

C’est un métier extrêmement enrichissant. Il mérite des professionnel.le.s stables et fiables. Ainsi qu’énormément de réflexion professionnelle. La conviction qui me semble la plus importante c’est l’ENGAGEMENT. Aimer les enfants ne suffit pas du tout. Et surtout si vous voulez plus que gagner votre vie, l’éducatif et le social sont les mauvais endroits. Notre valeur y est invisibilisée.


Guider c'est montrer les pistes. "Chacun sa route, chacun son chemin". La solution est en chacun de nous.